La gestion des Déchets Médicaux et Pharmaceutiques (DMP) représente l'un des enjeux environnementaux et sanitaires les plus critiques pour la Côte d'Ivoire. Issus des établissements de soins, des laboratoires, des pharmacies et des industries pharmaceutiques, ces déchets — seringues usagées, médicaments périmés, contenants souillés — constituent une source significative d'émissions de Gaz à Effet de Serre (GES) lorsqu'ils sont mal gérés ou incinérés sans dispositifs adaptés. Face à cette réalité, les autorités ivoiriennes passent à l'action.

Un projet stratégique porté par le MINEDDTE, le FCCA et la BAD

Le Ministère de l'Environnement, du Développement Durable et de la Transition Écologique (MINEDDTE) vient d'annoncer le lancement d'un projet ambitieux visant la décarbonisation de la filière des DMP en Côte d'Ivoire. Cette initiative est rendue possible grâce au soutien financier conjoint du Fonds de la Croissance Climatique pour l'Afrique (FCCA) et de la Banque Africaine de Développement (BAD), deux institutions engagées dans la transition écologique du continent.

L'objectif central du projet est de doter la Côte d'Ivoire d'une plateforme MRV — Mesure, Rapportage et Vérification— spécifiquement dédiée au secteur de la gestion des DMP. Cet outil numérique et institutionnel permettra de mesurer avec précision les émissions générées, de les rapporter de manière transparente et de les vérifier selon des standards internationaux reconnus.

La plateforme MRV : un pont entre pratiques nationales et engagements internationaux

La plateforme MRV n'est pas un simple outil technique. Elle constitue le maillon essentiel qui permettra d'aligner les pratiques de terrain ivoiriennes avec les engagements climatiques pris par le pays sur la scène internationale, notamment dans le cadre des Contributions Déterminées au niveau National (CDN) et de l'Accord de Paris, dont l'objectif de neutralité carbone à l'horizon 2050 reste une boussole pour l'ensemble des nations signataires.

Grâce à cette plateforme, les données relatives au traitement, à l'élimination et au transport des DMP seront centralisées, analysées et transmises aux instances nationales et internationales compétentes. Cela permettra à la Côte d'Ivoire de rendre compte de ses progrès climatiques de manière fiable et crédible.

Des retombées concrètes pour la santé publique et l'environnement

Au-delà des enjeux climatiques, ce projet porte des bénéfices directs pour les populations. Une meilleure gestion des DMP réduit les risques de contamination des sols et des nappes phréatiques, limite l'exposition des communautés riveraines aux substances toxiques et améliore les conditions de travail du personnel de santé et des agents de collecte.

Le projet s'inscrit ainsi dans une vision intégrée, à la croisée de la santé publique, de la protection de l'environnement et de la lutte contre le changement climatique — une approche cohérente avec les priorités du Plan National de Développement (PND) de la Côte d'Ivoire.

Vers un leadership ivoirien en matière de gestion climatique des déchets

Ce projet positionne la Côte d'Ivoire comme un pionnier en Afrique de l'Ouest dans la structuration d'un système MRV sectoriel appliqué à la santé environnementale. Il ouvre la voie à des mécanismes de financement carbone, à des partenariats techniques avec des acteurs internationaux et à un transfert de compétences vers les acteurs locaux du secteur.

Le MINEDDTE appelle l'ensemble des parties prenantes — établissements sanitaires, collectivités locales, société civile et secteur privé — à s'engager activement dans la mise en œuvre de ce projet structurant pour l'avenir climatique de la Côte d'Ivoire.